16 février 2026

Santé mentale – Rencontre avec les professionnels du Centre Françoise Minkowska

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Mardi 11 février 2026, ISM Interprétariat est intervenue auprès d’une partie de l’équipe pluridisciplinaire du Centre Françoise Minkowska, un centre médico-psychologique (CMP) non sectorisé spécialisé dans les consultations de psychiatrie transculturelle centrées sur les personnes migrantes et réfugiées.

Cette rencontre s’inscrit dans une démarche de formation et de sensibilisation à la consultation avec un interprète professionnel, dans un contexte de soins en santé mentale où la langue, la culture et le vécu migratoire jouent un rôle central.

Santé mentale, exil et langue : un enjeu indissociable

En santé mentale, lever la barrière de la langue est essentiel. Accompagner la guérison des traumatismes vécus dans le pays d’origine, sur le chemin de l’exil ou face au non-accueil subi en France, suppose avant tout de pouvoir comprendre et être compris.

Le Centre Françoise Minkowska, partenaire de longue date d’ISM Interprétariat, propose des consultations de psychiatrie transculturelle centrées sur la personne migrante et réfugiée. Son projet de soins repose sur l’anthropologie médicale clinique, garantissant à chaque patient un cadre thérapeutique adapté qui prend en compte :

  • les problématiques linguistiques,
  • les représentations culturelles de la maladie mentale,
  • les parcours migratoires et les traumatismes associés.

Cette approche vise à éviter toute assignation culturelle ou stigmatisation, en plaçant la personne au cœur du soin.

➡️ En savoir plus sur le Centre Françoise Minkowska

Consultation et recours à l’interprétariat en santé mentale : renforcer la coopération entre soignants et interprètes professionnels

Cette rencontre  a réuni huit professionnels de l’équipe pluridisciplinaire du Centre Françoise Minkoswka : psychiatres, psychologue, infirmière, secrétaire médicale et membres de la direction générale.

Elle avait pour objectif de mieux faire connaître l’interprétariat professionnel, renforcer la coopération avec les interprètes et améliorer la qualité des consultations.

À cette occasion, trois membres d’ISM Interprétariat étaient présents : Alice (Responsable du pôle Développement, Marchés et Relation Clients), Sanela (Responsable qualité et relation clients – Interprétariat en présentiel) et Mohamed, interprète en tamoul.

Mohamed a pu revenir sur son parcours et ses motivations pour exercer ce métier afin d’illustrer concrètement ce que signifie être un interprète professionnel au quotidien.

« Je suis arrivé en France en 2018 et j’ai commencé à travailler comme interprète en tamoul en 2022. Avant cela, j’étais AESH (accompagnant des élèves en situation de handicap dans les collèges), une expérience qui m’a appris à être attentif et à accompagner les autres.

Les langues m’ont toujours passionné, et devenir interprète professionnel me permet de les utiliser pour accompagner et aider les autres. Mon métier consiste à être un véritable pont entre le professionnel et l’usager allophone : écouter, comprendre et adapter ma traduction au contexte.

En santé mentale, le rôle de l’interprète prend une dimension particulière. Il faut savoir écouter des récits souvent douloureux, faits de traumatismes, de violences et d’exils, et rester attentif aux impacts sur la personne. Je veille à tous les éléments non verbaux — pauses, silences, pleurs, montées d’émotions — tout en maintenant la fluidité du discours, même lorsque celui-ci est décousu. Dans certains cas, il m’arrive également de signaler au psychiatre ou au psychologue des propos difficiles à traduire. Au-delà de la compétence linguistique, ce métier nécessite une grande maîtrise de ses émotions et la conscience de ses propres limites.

Pour que la consultation se déroule au mieux, certaines pratiques des professionnels sont très utiles : briefing avant la consultation, présentation de l’interprète au patient, adressage direct à l’usager, vulgarisation des notions psychologiques — surtout lorsqu’il n’existe pas d’équivalent dans la langue du patient — et débrief post-consultation, qui permet à l’interprète d’évacuer la charge émotionnelle et d’améliorer la qualité de son travail. À l’inverse, l’usage excessif de jargon ou le fait de solliciter l’interprète sur des sujets sensibles devant le patient peut compliquer la communication.

Être interprète en santé mentale, c’est bien plus que traduire des mots : c’est écouter, comprendre, accompagner et veiller à ce que chaque personne puisse être entendue dans toute sa complexité. »

Mohamed, interprète en tamoul depuis 2022.

Une démarche globale pour renforcer le lien et la qualité

Cette intervention s’inscrit dans la démarche d’ISM Interprétariat visant à renforcer la collaboration avec ses partenaires et améliorer la qualité des services proposés aux personnes exilées non francophones.

Pour aller plus loin

➡️ Carnet de l’interprète, épisode #7 – « Une consultation en santé mentale au CMP – Français / Russe » – Novembre 2025

➡️ « Coopérer avec un.e interprète professionnel.le ? Pour quoi faire ? » – (Re)découvrir notre guide pratique pour les soignants (2025)

➡️ Observatoire – Replay du deuxième module sur la santé mentale des personnes exilées – Février 2025

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