23 janvier 2026

Culture – Le 24 janvier, c’est Journée mondiale des cultures africaines et afrodescendantes !

visuel JM cultures africaines et afrodescendantes ISM Interprétariat 012026

Chaque 24 janvier, la diversité culturelle et le dynamisme des cultures africaines et afrodescendantes sont valorisés. La Journée mondiale des cultures africaines et afrodescendantes (JMCA) est célébrée depuis 2019, à l’initiative de l’UNESCO, en lien avec la date de signature de la Charte de la renaissance culturelle africaine de 2006.

Une personne afrodescendante est une personne née hors du continent africain mais qui a des ancêtres africains. Il ne s’agit pas d’une question de couleur de peau, mais d’ascendance et d’héritage historique et culturel. Cette notion englobe ainsi les populations d’Afrique continentale et toutes celles à travers le monde : près de 300 millions de personnes font partie de la diaspora africaine. En 2013, les Nations Unies ont déclaré la période du 1er janvier 2015 au 31 décembre 2024 comme étant la Décennie internationale des personnes d’ascendance africaine.

Une histoire culturelle, au-delà des frontières

Sur les vestiges de l’esclavage et de la traite négrière s’est érigée une communauté culturelle célébrée pour sa diversité. Prenons l’exemple des Zanjs d’Irak (actuel Irak), et de leur révolte en 869 après Jésus Christ – esclaves originaires d’Afrique orientale. Aujourd’hui, Middle East Eye rapporte qu’entre 10 et 15 % de la population du sud de l’Iran est d’origine africaine. En Amérique centrale, le peuple Garífuna est né du métissage entre esclaves africains et peuples autochtones (Kalinago et Arawak). Leur dialecte est constitué d’arawak et d’éléments de yoruba, langue nigériane. En remontant plus loin dans le temps, les Aeta (appelés aussi Négritos) sont les peuples autochtones de la péninsule malaisienne et des Philippines, descendants des premiers peuples à avoir quitté l’Afrique (même si leurs origines exactes font encore débat au sein de la communauté scientifique).

Une terre, des mosaïques culturelles et ethniques

En Afrique continentale, comme dans d’autres civilisations, les individus fonctionnent prioritairement en groupes ethniques. Les frontières délimitent les nations, mais celles-ci sont souvent composées d’aires culturelles ou d’ethnies. Autrement dit, les groupes ethniques sont transfrontaliers. Ainsi, on retrouve des Peulhs (grand peuple nomade) ivoiriens, guinéens, sénégalais, maliens, tchadiens, camerounais et de bien d’autres nationalités encore.

Le Cameroun illustre parfaitement cette diversité. Surnommé « l’Afrique en miniature » ou encore « le Continent » en raison de sa mosaïque culturelle, le Cameroun rassemble à lui seul une grande diversité culturelle, avec près de 250 ethnies, divers courants spirituels, ainsi qu’une grande variété de climats et de paysages.

L’héritage africain et afro-caribéen

Les cultures africaines ont contribué depuis des siècles aux sciences mondiales. Le calendrier éthiopien, l’histoire de la création du monde selon les Dogons du Mali, sans oublier les architectes de l’Egypte antique témoignent de connaissances remarquables apportées au monde.

Musicalement, l’Afrique a inspiré le monde et donné naissance à des styles musicaux des plantations négrières à nos jours. Les afrodescendants créent le jazz, le reggae, le hip-hop, la salsa et le zouk (avec le groupe Kassav’ notamment).

En Afrique continentale, l’afrobeats nigérian et l’amapiano sud-africain s’imposent sur les scènes internationales, souvent en langues maternelles. Des artistes comme la sud-Africaine Miriam Makeba, la malienne Oumou Sangaré et le mahorais Youbbée puisent dans les traditions pour toucher la modernité. Il en est de même pour les danses, comme le ndombolo congolais.

La littérature africaine et afrodescendante rayonne également avec des auteurs comme l’incontournable Aimé Césaire, la féministe Chimamanda Ngozi Adichie, ou encore le prix Nobel de littérature Abdulrazak Gurnah (2021).

La transmission culturelle du patrimoine 

La valorisation des patrimoines culturels passe aussi par les codes vestimentaires traditionnels, avec des composants typiques des ethnies ou peuples. On retrouve par exemple le « salouva » mahorais, « kente » ghanéen, le « faso dan fani » burkinabé ou le « jabador » marocain.

La spiritualité africaine est aussi un vecteur considérable. De nombreuses personnes se détachent des religions classiques pour se tourner vers les pratiques spirituelles africaines et afrodescendantes. Les pays africains sont eux aussi porteurs de cette transmission en reconnaissant ces pratiques comme partie intégrante de leur culture. Le Bénin organise chaque année la Journée nationale du Vodun, et le Gabon valorise les rites traditionnels comme le Bwiti, qui attirent tous les publics.

Les coiffures africaines (tresses, nattes, dreads, locks), sont de plus en plus portées dans le monde avec des modèles tout aussi innovants. Enfin, l’art culinaire est aussi un fil conducteur : les techniques, les épices et l’utilisation des aliments constituent un patrimoine gastronomique partagé.

La multiculturalité afrodescendante chez ISM Interprétariat 

Le rapport d’activité 2024 d’ISM Interprétariat révèle que l’arabe du Soudan et du Maghreb, le lingala et le somali comptaient parmi les langues les plus sollicitées pour l’interprétariat par visioconférence. Pour l‘interprétariat en présentiel, le créole haïtien, le bambara et le soninké se rajoutent à la liste. Lors des missions foraines organisées par l’Office français de protection des réfugiés et apatrides (OFPRA), le créole haïtien, le kinyarwanda, le kirundi et le swahili étaient les langues les plus demandées.

Les langues africaines en voie de disparition

L’Organisation des Nations unies pour l’éducation, la science et la culture (UNESCO) alerte sur la disparition de 40% des 2000 langues africaines environ (Atlas des langues en danger dans le monde). C’est le cas de la langue « n|uu » en Afrique du Sud.

Pour y remédier, des universités proposent des cours de langues africaines, des ouvrages d’apprentissage voient le jour, des applications mobiles se développent et dernièrement, certaines langues comme le baoulé (Côte d’Ivoire) sont ajoutées aux outils de traduction en ligne comme Google Traduction. Certains gouvernements font le choix d’utiliser leurs langues nationales dans le système éducatif, comme le Rwanda, et sur les réseaux sociaux – les créateurs de contenus TikTok par exemple – proposent des cours de langues.

Pour aller plus loin

💡 Saviez-vous que le Nigéria est le pays le plus peuplé d’Afrique ? Il compte environ 230 millions d’habitants en début 2025 et plus de 200 ethnies distinctes (National Geographic).

➡️Pour célébrer la richesse des cultures afrodescendantes et en apprendre d’avantage, rendez-vous sur notre compte Instagram.