03 juillet 2025

Evénement – Migrations et climat : retour sur le dîner-débat d’ISM Interprétariat

Migrations et climat : retour sur le dîner-débat d’ISM Interprétariat

Le 18 juin 2025, à La Criée (Paris 19), ISM Interprétariat a clôturé sa journée d’Assemblée Générale annuelle par un dîner-débat riche en échanges, réunissant ses équipes et ses partenaires autour du thème : « Crises climatiques et migrations ».

Pour éclairer cette question complexe, Guillaume Capelle, fondateur de SINGA – ONG contribuant à l’inclusion des personnes exilées par l’entrepreneuriat, l’échange culturel et l’innovation sociale – et directeur associé chez IMPACT Partners, a proposé une intervention dynamique, déconstruisant les idées reçues et proposant de nouvelles perspectives sur les mobilités humaines à l’ère du dérèglement climatique.

Dépasser les idées reçues sur les migrations climatiques

Dès les premières minutes, Guillaume Capelle a capté l’attention de l’auditoire en partageant des chiffres marquants :

  • 46 millions de personnes ont été contraintes à un déplacement interne en 2024 en raison de catastrophes naturelles, contre 26 millions en 2023. Les cyclones représentaient à eux seuls plus de la moitié de ces mouvements.
  • 1 million d’espèces animales et végétales sont aujourd’hui menacées d’extinction, un taux sans précédent.
  • 6 des 9 limites planétaires ont déjà franchies. Seules 3 restent intactes : l’acidification des océans, l’amincissement de la couche d’ozone et l’augmentation des aérosols atmosphériques.
  • 1 milliard de déplacés climatiques potentiels sont attendus d’ici 2070.

Mais l’objectif n’était pas seulement de dresser un constat alarmant. Il s’agissait surtout de remettre en question les représentations figées. Il a notamment souligné :

« On parle souvent des migrants climatiques comme des victimes passives, or beaucoup prennent des décisions conscientes, stratégiques, dans des contextes complexes. »

 

De l’image de la « crise » à celle de l’innovation

Plutôt que de considérer la migration comme une « conséquence à gérer », Guillaume Capelle invite à la percevoir comme un levier d’innovation sociale, écologique et économique.

À travers le réseau SINGA, plus de 2 500 entreprises ont été créées par des entrepreneurs exilés et des innovateurs sociaux, dans des domaines aussi variés qu’engagés, comme :

  • des startups tech à vocation écoresponsable,
  • des initiatives relevant de l’économie circulaire,
  • des restaurateurs et artisans valorisant les circuits courts et les savoir-faire locaux.

Ces parcours illustrent une conviction forte : les personnes exilées ne sont pas seulement vulnérables – elles sont aussi des actrices du changement, des moteurs de la transformation écologique.

Temps d’échanges

La conférence s’est conclue par un temps de questions-réponses avec le public. L’occasion de questionner le rôle des métiers de l’interprétariat et de la médiation culturelle dans un monde en transition.

Dans un contexte de mobilités croissantes et de tensions sociales ou culturelles accrues, ces professions apparaissent plus que jamais indispensables, mobilisant des compétences humaines, interculturelles, mais aussi technologiques.

Guillaume Capelle a également insisté sur le rôle crucial des interprètes professionnels dans ce qu’il a appelé le « parcours d’endurance sociale et administrative » des personnes exilées, comparant leur accompagnement à celui des lièvres qui assistent les marathoniens dans les premiers kilomètres de leur course.

Conclusion : vers une vision constructive des migrations

Cette soirée a permis de décentrer les regards : quitter la vision anxiogène d’une « crise migratoire » pour ouvrir la voie à une lecture collaborative et constructive des migrations, notamment en lien avec les enjeux climatiques. Dans un monde en mutation, ISM Interprétariat affirme ainsi sa volonté d’anticiper, de comprendre et de co-construire un avenir plus équitable, plus accueillant et solidaire.

Notre association remercie chaleureusement Guillaume Capelle pour sa présence et son intervention.