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Linguistique – Aujourd’hui, c’est la Journée internationale de la langue portugaise !
Chaque 5 mai, la langue portugaise et la culture lusophone sont mises à l’honneur à travers la Journée internationale de la langue portugaise. Officialisée par l’Organisation des Nations unies pour l’éducation, la science et la culture (UNESCO) depuis 2019, cette journée est une occasion de valoriser les cultures de 9 pays répartis sur quatre continents : le Brésil, l’Angola, le Cap-Vert, la Guinée-Bissau, la Guinée équatoriale, le Mozambique, São Tomé-et-Principe, le Timor Oriental et enfin Macao (région administrative spéciale de Chine).
L’UNESCO rapporte que le portugais rassemble plus de 265 millions de locuteurs dans le monde. Le Brésil représente à lui seul près de 80 % des locuteurs. En 2023, le portugais s’est hissé au rang de septième langue la plus utilisée sur Internet, d’après l’Internet Society Foundation.
L’Afrique, le prochain territoire d’expansion de la langue portugaise
Après le Brésil, l’Afrique est le second espace géographique comptant le plus de locateurs portugais. Selon les estimations de l’UNESCO, cette langue figure parmi celles qui présentent le plus fort potentiel de croissance, en particulier en Afrique australe. À l’horizon 2050, l’Afrique lusophone devrait réunir environ 83 millions de locuteurs et atteindre près de 335 millions à l’échelle mondiale. Pour la Community of Portuguese Speaking Countries (CPLP), cette dynamique s’expliquerait par la forte croissance démographique du continent. Certains chercheurs vont encore plus loin et estiment que l’Afrique pourrait devenir le continent comptant le plus grand nombre de lusophones. (La langue portugaise en Afrique)
Des cultures, des peuples : des façons de parler le portugais
Comme de nombreuses langues européennes, le portugais s’associe aux langues locales pour donner naissance à de nouvelles formes propres aux locuteurs natifs de chaque pays. On parle ainsi de portugais brésilien, de portugais cap-verdien, de portugais angolais, etc. Selon les territoires, la langue portugaise s’enrichit de mots issus des langues locales, comme c’est le cas du portugais angolais influencé par le kimbundu (une langue du peuple bantou). Si le portugais emprunte aux langues locales, les migrations humaines – notamment celles liées à la guerre civile angolaise – ont aussi permis à de nombreux mots et expressions d’origine angolaise de s’intégrer dans les conversations au Portugal et dans le reste de la lusophonie. On retrouve par exemple les mots :
- « fuba» désigne la « farine de maïs »,
- « bué» pour dire « beaucoup »,
- « garina» pour dire « fille »,
- Ou encore « bumbar» qui signifie « travailler » en Angola et « faire la fête ».
L’audiovisuel au service du rayonnement des cultures lusophones
Lorsqu’on parle d’audiovisuel, il est impensable de ne pas mentionner les musiques et les danses des peuples qui parlent portugais. La kizomba, l’emblématique kuduro angolais, la bossa nova et la bachata brésilienne s’exportent au-delà des frontières de l’espace lusophone.
Toujours dans la même veine, la telenovela angolaise Windeck, a conquis le cœur de nombreux spectateurs à travers le monde en 2012. Victime de son succès, elle a été nommée aux International Emmy Awards en 2013. Avec une centaine d’épisodes, cette co-production portugaise met en scène la vie quotidienne de jeunes adultes à Luanda (capitale angolaise) dans l’univers du luxe, tiraillés entre l’amour, l’ambition et les rivalités. Windeck a suscité un fort engouement auprès des publics européens, sud-américains et surtout africains, et a contribué à la promotion des cultures lusophones dans le monde.
La poésie portugaise pour raconter l’exil
De nombreuses figures de la littérature lusophone ont exploré dans leurs œuvres des émotions liées à la distance, à l’éloignement et à l’attachement à la terre natale. Fernando Pessoa, par exemple, a passé une partie de sa jeunesse entre le Portugal et l’Afrique du Sud : il mobilise de manière poétique la question de la distance et du fragmentation identitaire dans ses écrits. Sophia de Mello Breyner Andresen, opposante au régime portugais de l’Estado Novo, a inscrit dans ses textes une réflexion sur la liberté et l’ancrage. Quant à Gonçalves Dias, il a fait de la nostalgie de la terre natale un thème central de son œuvre. La langue portugaise devient un marqueur identitaire puissant et un rappel vers sa patrie. Cette expérience de la distance, de l’éloignement et de la nostalgie est vécue par de nombreuses personnes exilées.
Ces trois poèmes lusophones en témoignent, chacun à leur façon :
- Exílio de Manuel Alegre,
- Mar Português de Fernando Pessoa,
- Canção do Exílio de Gonçalves Dias.
Nos collègues Juliana, Céline et Carina ont choisi de nous en proposer la lecture dans l’audio ci-dessous.
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