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Linguistique – Le 5 mai marque la Journée internationale du patrimoine africain !
Chaque année, le 5 mai marque la Journée internationale du patrimoine africain. Instaurée en 2015 par l’Organisation des Nations unies pour l’éducation, la science et la culture (UNESCO), cette journée met en lumière la richesse culturelle, historique et mémorielle du continent africain. Elle rappelle également l’importance de préserver un patrimoine souvent menacé par les conflits, le trafic d’œuvres, les catastrophes naturelles ou encore le manque de moyens de conservation.
Cette année 2026 marque un tournant particulier, puisqu’elle coïncide avec le vingtième anniversaire du Fonds du patrimoine mondial africain (AWHF), ainsi qu’avec le lancement de la quatrième promotion du programme de mentorat destiné aux professionnels africains du patrimoine. Ce dernier a pour objectif de former de nouvelles générations d’experts de la gestion durable des sites culturels et naturels africains. Quant au Fonds du patrimoine mondial africain, il soutient la conservation des sites et accompagne les processus d’inscription sur la Liste du patrimoine mondial de l’UNESCO.
Pourquoi préserver un patrimoine ?
Un patrimoine, c’est un ensemble d’ « héritages du passé existant aujourd’hui et jugés dignes d’être conservés en l’état pour l’avenir, dans une société donnée et à une époque donnée » (Source : Géoconfluences). Un héritage peut être matériel (l’exemple des monuments) ou immatériel, comme la gastronomie.
Ainsi, la préservation d’un patrimoine ne se limite pas aux anciens vestiges. On y inclut les langues, les rites et traditions orales, les savoir-faire transmis ainsi que les manifestations culturelles. Plus largement, elle englobe tous les éléments d’une identité culturelle transmis de génération en génération. On y inclut également le patrimoine dit naturel : les espaces géographiques, la faune et la flore.
Avec la Convention concernant la protection du patrimoine mondial, culturel et naturel de 1972, l’un des rôles majeurs de l’UNESCO réside dans la sauvegarde des patrimoines culturels et naturels du monde entier, que l’organisation répertorie sur sa célèbre Liste du patrimoine mondial (consultable en cliquant ici).
Les enjeux de la préservation du patrimoine africain
Sur le continent africain, de nombreux phénomènes fragilisent la conservation des patrimoines. L’UNESCO explique que les enjeux climatiques, le braconnage et les conflits armés ont un impact considérable sur la « valeur universelle exceptionnelle » de certains biens africains. En termes de chiffres, sur le total des biens enregistrés sur la Liste du patrimoine mondial, seuls environ 12 % sont des biens africains. Par ailleurs, 39 % des biens inscrits sur la Liste du patrimoine mondial en péril se situent en Afrique.
Prenons l’exemple du Sahel, qui regroupe notamment les territoires du Mali, du Niger, d’une partie du Sénégal et du Burkina Faso. Cette zone est marquée par l’instabilité sécuritaire. Pourtant, elle abrite un important patrimoine historique, comme Tombouctou, classée au patrimoine mondial de l’UNESCO depuis 1988. Ancienne capitale intellectuelle et spirituelle de l’Afrique de l’Ouest, Tombouctou conserve de nombreux vestiges de l’âge d’or des grands empires ouest-africains. Cependant, en 2012, plusieurs sites de la ville ont été pillés lors de l’occupation djihadiste.
Voici d’autres exemples de biens classés au patrimoine mondial de l’UNESCO :
- En Afrique du Nord – La Médina de Fès au Maroc. Un centre culturel et religieux majeur dans le monde musulman mais aussi l’une des plus anciennes cités médiévales du monde.
- En Afrique de l’Ouest – Ile de Gorée au Sénégal. Ancien lieu historique de la traite négrière. Ou encore le Thiébou Diène inscrit au patrimoine culturel immatériel de l’UNESCO depuis 2021.
- En Afrique des Grands Lacs – Parc national des Virunga en République démocratique du Congo. Inscrit depuis 1994, c’est la plus ancienne aire protégée africaine.
- En Afrique du Sud – Robben Island, l’ancienne prison où a été détenu Nelson Mandela.
Des initiatives pour y remédier
Ces cinq dernières années, de nombreux musées restituent les œuvres africaines à leur pays d’origine. Des actes symboliques qui permettent non seulement de restituer le patrimoine, mais aussi de redonner leur place à des objets qui ont longtemps fait partie des rites culturels des sociétés concernées. Les communautés peuvent dès lors reconstruire leur histoire et la transmettre aux futures générations.
Des conférences, des ateliers et des rencontres sont régulièrement organisés afin de discuter des enjeux liés à la restitution des œuvres, mais aussi des axes d’amélioration concernant leur conservation et leur préservation. Ce fut notamment le cas de la conférence « African Voices: the return of cultural property and the promotion of heritage », organisée à l’Université de Nairobi, au Kenya, le 11 mai 2026.
« […] les résultats sont là : l’Afrique compte aujourd’hui 154 sites inscrits sur la Liste du patrimoine mondial. Depuis 2022, plus de 1 000 professionnels ont été formés, des institutions ont été renforcées, et des communautés mieux associées à la protection et à la gestion de leur patrimoine […] L’année 2025 a confirmé cet élan. Quatre sites africains ont été inscrits sur la Liste du patrimoine mondial, tandis que trois sites situés à Madagascar, en Libye et en Égypte ont été retirés de la Liste du patrimoine en péril […] Mais ces avancées ne doivent pas masquer les déséquilibres persistants. L’Afrique ne représente encore que 12 % de l’ensemble des biens inscrits sur la Liste du patrimoine mondial, et neuf États africains ne comptent toujours aucun bien inscrit. Seize sites africains demeurent inscrits sur la Liste du patrimoine mondial en péril ».
Extrait de la déclaration de M. Khaled El-Enany, Directeur général de l’UNESCO, à l’occasion de la Journée du patrimoine mondial africain, le 5 mai 2026
Les nouvelles technologies et le patrimoine africain : quel avenir ?
En janvier 2023, l’atelier « World Heritage Futures Lab » organisé par l’UNESCO, le ministère de l’Éducation, de l’Innovation, de la Jeunesse, du Sport, des Arts et de la Culture ainsi que le Conseil national du patrimoine de Namibie, avait permis à des spécialistes d’apprendre à interpréter des données numériques en utilisant la réalité virtuelle.
Aujourd’hui, l’IA est au cœur des débats… c’est aussi le cas pour la préservation des patrimoines. En juin 2025, une cinquantaine de technologues, d’étudiants et de spécialistes de la conservation se sont réunis à Windhoek et Twyfelfontein (en Namibie) pour acquérir de nouvelles connaissances. La thématique : « L’utilisation des technologies numériques pour protéger et promouvoir le patrimoine mondial africain » a permis à ces participants d’obtenir des outils utiles à la documentation, à la surveillance et à l’interprétation des sites patrimoniaux à travers le continent (Source : UNESCO).
Dans ce contexte, l’IA figurait parmi la liste des outils numériques – comme des drones, la photogrammétrie, la cartographie 3D, des pièges photographiques en temps réel; utilisés pour une amélioration plus inclusive et plus durable de la préservation du patrimoine.
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