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Journée mondiale de la santé mentale : la parole au cœur du soin
Le 10 octobre marque la Journée mondiale de la santé mentale. Pour cette édition 2026, la campagne a mis l’accent sur la participation des personnes concernées aux décisions qui affectent leur vie, en reconnaissant leur expérience comme une expertise essentielle. Un enjeu majeur pour construire des parcours de soins plus inclusifs, dans lesquels chacun peut exprimer ses besoins, faire entendre sa voix et participer pleinement aux décisions qui le concernent.
Reconnaître l’expérience des personnes concernées
Les personnes vivant avec des troubles psychiques possèdent une connaissance précieuse de leur vécu, de leurs besoins et des difficultés rencontrées au quotidien. Pourtant, leur parole ne se traduit pas toujours par une participation effective aux décisions qui les concernent.
La campagne 2026 a ainsi appelé à dépasser la simple écoute des témoignages pour permettre aux personnes concernées de contribuer à l’élaboration des politiques de santé mentale, à la conception des services et à l’amélioration de leur accompagnement. Cette démarche favorise des dispositifs plus adaptés aux réalités vécues, tout en soutenant l’autonomie et le respect des droits de chacun.
Pour que cette participation soit réellement possible, il est essentiel que les personnes puissent communiquer dans une langue qu’elles comprennent et dans laquelle elles sont en mesure d’exprimer leurs émotions, leurs difficultés et leurs attentes.
La langue, au cœur de la relation de soin
En santé mentale, la communication occupe une place centrale. Décrire son état psychologique, évoquer des événements difficiles ou mettre des mots sur ses émotions nécessite de pouvoir s’exprimer avec précision. La compréhension mutuelle est également indispensable pour instaurer une relation de confiance avec les professionnels de santé et favoriser l’implication du patient dans son parcours de soins.
Pour les personnes ne maîtrisant pas suffisamment le français, la barrière linguistique peut compliquer l’expression des symptômes, la compréhension des explications médicales et le suivi de la prise en charge. Ces difficultés peuvent s’ajouter à d’autres obstacles, notamment administratifs ou liés à l’accès aux soins.
En 2025, 19 % des interventions en santé réalisées par ISM Interprétariat concernaient la psychiatrie et l’addictologie. Ce chiffre illustre la place de l’interprétariat professionnel dans ces spécialités, notamment auprès des personnes exilées, dont certaines peuvent avoir vécu des parcours marqués par des événements traumatiques.
L’interprétariat professionnel, un facilitateur du dialogue
L’interprète professionnel permet au patient et au professionnel de santé de communiquer dans de bonnes conditions, en restituant fidèlement les propos de chacun. Son rôle ne se limite pas à traduire les mots : il contribue à transmettre les nuances du discours et les références culturelles nécessaires à la compréhension des échanges.
Dans le cadre d’un entretien en santé mentale, cette précision est essentielle pour permettre au patient d’exprimer son vécu et au professionnel de recueillir les informations nécessaires à son évaluation et à son accompagnement. L’interprète intervient dans le respect de la confidentialité, de la neutralité et de la fidélité des échanges.
Comme le souligne notre collègue Khady Camara, interprète en soninké, doula, bambara et wolof au sein d’ISM Interprétariat, interrogée dans un épisode du Carnet de l’interprète consacré à la santé mentale :
« Lorsqu’un patient se sent compris dans son langage, dans sa culture, il est plus enclin à s’engager activement dans son parcours de soins. »
— Khady Camara, interprète en soninké, doula, bambara et wolof au sein d’ISM Interprétariat
En rendant les échanges accessibles, l’interprétariat professionnel contribue à créer les conditions d’une relation de soin fondée sur la confiance, la compréhension mutuelle et la prise en compte des besoins de chaque personne.
Vers des soins plus inclusifs et respectueux des droits
L’Organisation mondiale de la Santé (OMS) rappelle l’importance de développer des soins de santé mentale centrés sur la personne et ancrés dans la communauté. Cette approche vise à proposer un accompagnement adapté aux besoins individuels, dans le respect des droits fondamentaux et de la dignité des personnes.
La possibilité de comprendre les informations transmises et de s’exprimer librement constitue un élément essentiel de cette démarche. Elle permet aux patients de poser leurs questions, de mieux comprendre leur prise en charge et de participer aux décisions qui les concernent.
Chez ISM Interprétariat, nous sommes convaincus que comprendre et être compris est une condition essentielle d’un accès aux soins plus équitable. En santé mentale, l’interprétariat professionnel contribue à lever les barrières linguistiques et à favoriser un dialogue de qualité entre les patients et les professionnels de santé. Un engagement essentiel pour que chaque personne puisse faire entendre sa voix et participer pleinement à son parcours de soins.
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