20 mars 2026

Linguistique – Aujourd’hui, c’est la Journée internationale de la Francophonie !

bannières semaine langue française 2026

Cette année, la Semaine de la langue française et de la francophonie se déroule du mardi 17 mars au vendredi 20 mars 2026. Le 20 mars est choisi par l’Organisation internationale de la Francophonie (OIF) comme la Journée internationale de la Francophonie en commémoration à la convention sur la création de son ancêtre : l’Agence de coopération culturelle et technique (ACCT) en 1970 à Niamey. Depuis, l’organisme a pour mission centrale de promouvoir la langue française et la diversité culturelle des 93 États gouvernements engagés tout en garantissant la paix. 

Depuis le lundi 16 mars 2026, l’Observatoire de la langue française, a mis en place une plateforme de données numériques en temps réel pour valoriser l’évolution du français dans le monde : « Indicateurs publics, documents et actualités sur l’usage du français dans le monde ». On y retrouve des données démographiques, éducatives, économiques, numériques, mais aussi culturelles et concernant les médias. Cet espace de données linguistiques dénombre environ 396 millions de francophones en 2025 (février 2026). La plateforme révèle, par exemple, qu’en février 202643,6 millions d’apprenants utilisent le français dans leur système éducatif. Enfin, près de 65% des francophones vivent en Afrique.

La Francophonie comme projet d’inclusion à l’échelle mondiale

L’OIF n’est pas qu’une simple organisation de promotion culturelle et linguistique. En plus de ces missions, l’organisme a pour but d’assurer le développement de la coopération économique pour le développement durable.  Dans cette optique, l’organisation a lancé des Fonds « La Francophonie avec Elles ».Comme elle souligne, ce programme vise à : 

  • Favoriser la participation et l’inclusion économique et sociale des femmes – accès à l’emploi, à la terre et aux financements,
  • Améliorer l’accès aux formations professionnelles,
  • Soutenir le développement d’activités génératrices de revenus et faciliter l’accès aux opportunités économiques.

Cette année 2026 marque la 7ème Édition de ce programme et a débuté depuis le 27 février 2026.

Le français, une langue plurielle

Le français, présent sur tous les continents, est la cinquième langue la plus parlée dans le monde et la quatrième en termes d’utilisation sur Internet, selon l’OIF. Elle fait également partie d’une des six langues officielles des Nations Unies. Mais l’usage de la langue de Molière ne se limite pas à son espace francophone. De nombreux mots français sont utilisés par d’autres langues, notamment en anglais. Les mots suivants sont couramment utilisés et font partie intégrante des habitudes linguistiques :

  • « Déjà-vu »
  • « Rendez-vous »
  • « Chic »
  • Et le fameux : « My fiancé »

Les variations linguistiques du français dans la francophonie 

L’accent est le premier marqueur identitaire puissant de cette variation : il sert à identifier les individus entre eux. Par exemple, au Québec, certaines prononciations et expressions sont basées sur une variante du vieux français, tandis qu’en Belgique et en Suisse, on retrouve des distinctions lexicales. Voici quelques expressions qui pourraient surprendre :

  • Au Gabon : «ça dit quoi ?» pour dire « quoi de neuf ? »
  • Cote d’Ivoire : « on est ensemble» pour exprimer l’amitié, le soutien ou la solidarité
  • En Suisse, l’usage des termes « septante, nonante» pour dire soixante-dix et quatre-vingt-dix, fait toujours frémir les autres locuteurs français
  • Lorsque nous parlons de « voiture» au Québec, on parle de « char »

La réinvention du français à travers le temps 

Les mots, expressions, et même les prononciations se partagent dans l’espace francophone et font désormais partie des usages quotidiens des locuteurs. Qui, au fil du temps, en oublient même l’origine. Connaissez-vous les termes suivants ?

  • « Avoir le seum» : expression inspirée de l’arabe dialectal pour dire « être dépité »
  • « C’est carré» : c’est bien organisé
  • «Être en PLS» : pour exprimer son épuisement
  • « Avoir un goumin» :  expression ivoirienne pour parler d’une peine de cœur

Le français est une langue vivante, vernaculaire et contemporaine

Le français évolue constamment. Des phénomènes tels que le verlan, le javanais et l’affrication en sont des exemples. L’affrication est une modification de la prononciation de certaines consonnes. Au lieu de dire : « elle m’a dit », on peut dire « elle ma dji ».

Le verlan est une forme de langage populaire qui consiste à inverser les syllabes d’un mot. Les exemples incluent « meuf » (femme), ou encore « ouf » (fou). Il était parlé dans les banlieues françaises avant de se répandre dans l’ensemble de la zone francophone.

Le javanais, quant à lui, consiste à insérer des syllabes supplémentaires dans chaque syllabe du mot pour le rendre plus difficile à comprendre, surtout quand il est prononcé rapidement. La variante la plus connue est l’ajout de la syllabe « GU » après chaque voyelle : «bon-guon jou-guour » pour dire « bonjour».

Le français parlé varie en France, à l’échelle régionale, et même départemental. Les usages peuvent même différer d’une ville à l’autre au sein d’un même département. 

L’argot, la preuve de la diversité culturelle francophone

Le mot « poucave» vient en réalité de l’argot français pour parler d’une personne qui donne des informations dans le but de dénoncer. Ainsi, la zone francophone pilule d’argots. En Afrique de l’Ouest, les ivoiriens parlent le « nouchi». C’est un mélange de français, de langues locales et d’expressions populaires ivoiriennes. En Afrique centrale, le « camfranglais» camerounais se reconnait par le mixte de termes français, anglais, pidgin (nigérian) et de langues locales camerounaises.

  • Quand en français standard, on dira : « Viens, on va s’amuser un peu ce soir »
  • Le nouchi, pourrait dire : « Toi là, viens on va enjailler le soir-là, ouben ? »
  • En camfranglais, on entendra : « Come, on va enjoy un peu cette night nor ! »

Anecdotes sur l’apprentissage du français par des personnes plurilingues 

Pour célébrer cette journée, nous avons donné la parole à nos collègues – Lenka (Slovaquie)Darko (Macédoine du Nord)Hoda (Afghanistan) et Aliou (Sénégal),qui partagent avec nous leur expérience de l’apprentissage du français. Tous issus d’horizons et de régions du monde différents, cet apprentissage du français s’est fait à différents moments de leur vie professionnelle ou personnelle.

Vous verrez que, pour certains, l’aventure n’a pas été de tout repos. Lenka, par exemple, avait beaucoup apprécié le mot « schnock » la première fois qu’elle l’a entendu. Elle a toutefois découvert, bien malgré elle, que ce terme qu’elle trouvait si « mignon » est en réalité loin d’avoir une connotation positive.

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