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Recommandation – La Haute Autorité de Santé (HAS) reconnaît les risques que fait peser la barrière de la langue sur la santé
Dans son « Flash sécurité patient » publié le 9 juin 2026, la Haute Autorité de Santé (HAS) sensibilise les professionnels de santé aux risques liés aux barrières linguistiques à partir de situations réelles rencontrées sur le terrain. Elle reconnaît que la barrière de la langue constitue un risque pour la santé et la sécurité des patients et formule plusieurs recommandations pour y remédier.
La HAS identifie la barrière linguistique comme une « situation à risque » susceptible d’entraîner des événements indésirables associés aux soins : retards de prise en charge, accès plus difficile aux services de santé ou encore erreurs diagnostiques.
Quand les mots manquent, le risque augmente
Cette publication met en lumière le rôle essentiel de la langue dans l’accès aux soins. En matière de santé, la qualité de la communication entre le patient et le professionnel de santé conditionne :
- La capacité du patient à exprimer ses symptômes, ses douleurs et ses antécédents médicaux ;
- La capacité du professionnel de santé à recueillir les informations nécessaires pour établir un diagnostic fiable et proposer des examens ou des traitements adaptés ;
- La compréhension par le patient de son diagnostic, de son traitement et de son parcours de soins ;
- La possibilité pour le patient d’être pleinement acteur des décisions qui concernent sa santé.
Une compréhension mutuelle de qualité permet de prévenir les erreurs de diagnostic, d’éviter des examens inadaptés et de favoriser une bonne observance des traitements. À l’inverse, les difficultés de compréhension peuvent conduire à une mauvaise prise des médicaments, à des ruptures dans le parcours de soins, voire à un renoncement aux soins.
La HAS distingue cinq principales conséquences lorsque la barrière linguistique n’est pas prise en charge :
- Une moindre participation aux actions de prévention et de promotion de la santé.
- Des demandes de soins plus tardives.
- Un accès plus difficile aux services de santé.
- Des difficultés de compréhension et d’observance des traitements.
- Des erreurs diagnostiques.
La barrière de la langue ne constitue donc pas un obstacle secondaire. Elle peut aggraver des situations médicales, compromettre la sécurité des soins et, dans certains cas, engager le pronostic vital. Elle représente également un facteur important d’inégalités dans l’accès aux soins.
L’interprétariat professionnel : un enjeu de qualité et de sécurité des soins
Pour limiter ces risques, la HAS recommande notamment le recours à l’interprétariat professionnel et invite les professionnels à éviter les solutions alternatives qui présentent des risques liés à une qualité de traduction insuffisante.
L’interprète professionnel garantit :
- Le respect du patient, de son autonomie et de ses droits.
- La confidentialité, au même titre qu’un professionnel de santé.
- La neutralité.
- L’impartialité.
Contrairement à une idée reçue, l’interprète professionnel n’est pas un simple traducteur. Son rôle ne consiste pas uniquement à transposer des mots d’une langue à une autre. Il permet de restituer fidèlement le sens du message médical, en tenant compte des spécificités linguistiques et culturelles.
Les termes médicaux ou scientifiques n’ont pas toujours d’équivalent direct d’une langue à l’autre et peuvent perdre leur sens lorsqu’ils sont traduits littéralement. L’interprétariat professionnel en santé permet au patient de s’approprier son diagnostic, de comprendre son traitement et de participer pleinement aux décisions qui concernent sa santé.
La HAS rapporte notamment le cas d’une patiente qui, après une hospitalisation, n’a pas repris correctement son traitement anticoagulant car les consignes de sortie avaient été transmises par l’intermédiaire d’un proche et n’avaient pas été pleinement comprises. Alors qu’un interprète professionnel était disponible, l’absence de recours à celui-ci a créé un risque dans la continuité des soins.
L’interprétariat professionnel garantit ainsi la fidélité des échanges, le respect de la confidentialité et la neutralité nécessaires à une relation de soin de qualité.
Sources et ressources
➡️ Haute Autorité de Santé – Flash Sécurité Patient – « Barrières linguistiques en santé. Quand les mots manquent, le risque augmente »
➡️ Haute Autorité de Santé – Interprétariat linguistique dans le domaine de la santé
➡️ Haute Autorité de Santé – Personnes vulnérables et éloignées du système de santé : s’appuyer sur les médiateurs et interprètes pour améliorer l’accès aux soins
➡️ L’interprétariat en santé – ISM Interprétariat
➡️ Coopérer avec un.e interprète professionnel.le ? Pour quoi faire ? – ISM Interprétariat
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