Dimanche 8 mars sera la journée internationale des droits des femmes.
Ce matin : deux femmes et un homme qui changent le monde.

Megan Rapinoe, une footballeuse et beaucoup plus que ça !

Dans le combat des droits des femmes et des égalités de genre, on joue sur tous les terrains. Y compris la pelouse ! Et la meilleure dans cette catégorie est incontestablement la footballeuse américaine Megan Rapinoe. Championne olympique en 2012 et championne du monde en 2015 et en 2019, meilleure joueuse de l’année 2019 selon la FIFA et Ballon d’Or féminin 2019, Megan Rapinoe est aussi engagée en dehors que sur le terrain.

Militante des droits des femmes, à l’occasion de la Journée internationale des droits des femmes le 8 mars 2019, elle a porté plainte avec ses coéquipières contre la Fédération américaine de football au motif d’une « discrimination institutionnelle basée sur le genre », pour obtenir l’égalité salariale. En effet, en 2014, leurs collègues masculins, huitièmes de finalistes à la Coupe du Monde au Brésil, avaient reçu 4,7 millions d’euros de primes, contre 1,7 million d’euros pour l’équipe féminine qui, elle, avait remporté pour la troisième fois le titre des championnes du Monde en 2015. Le procès aura lieu le 5 mai prochain.
Dans un monde du sport encore homophobe et où les sportifs prenant publiquement position durant leurs carrières respectives se font rares, elle a fait son coming out en 2012, juste avant les Jeux olympiques de Londres. Elle utilise le football comme une plateforme pour porter la voix de la communauté LGBT et porter son soutien à des minorités les considérant oppressées. Pour elle, toute occasion pour exprimer ce qui lui tient à cœur est bonne : avant tous les matchs du Mondial 2019, elle a refusé de chanter l’hymne national en guise de protestation contre la politique discriminatoire de Donald Trump à l’encontre des minorités et a été une des premières sportives à rejoindre le mouvement de boycott de l’hymne américain lancé par le joueur de football américain Colin Kaepernick, qui a mis le genou à terre pendant le chant pour protester contre les violences policières visant les Afro-américains.
Son discours dans les rues de Manhattan, suite à la victoire à la Coupe du Monde 2019 (après avoir refusé l’invitation du président Trump à la Maison Blanche), nous montre que le combat pour les droits des femmes s’inscrit dans un combat plus large de tous et de chacun, tous les jours.
Un texte rédigé par notre collègue Petra Hrebac, coordinatrice au service Déplacement.

Denis Mukwege, médecin en RDC et Prix Nobel de la Paix

A 65 ans désormais, Denis Mukwege a consacré sa vie à lutter contre les mutilations génitales faites aux femmes en République démocratique du Congo. Surnommé “l’homme qui répare les femmes”, il a fondé en 1999 en RDC l’hôpital de Panzi (situé à la frontière en la RDC et le Rwanda), où plus de 55 000 femmes ont été prises en charge.

Dans cet hôpital, les femmes y reçoivent des soins médicaux, ainsi qu’un accompagnement social, scolaire et judiciaire. En 2018, il a reçu le Prix Nobel de la Paix (au côté de l’Irakienne Nadia Murad, esclave de l’Etat islamique, qui a réussi à s’enfuir, et aujourd’hui porte-parole de sa communauté yézidie en exil). Denis Mukwege, lui, parcourt le monde pour demander la création d’un tribunal pénal international contre ces crimes commis en RDC et plaider la cause des femmes opprimées.

 

Chimamanda Ngozi Adichie, écrivaine du Nigéria

Auteure engagée et qualifiée “d’icone féministe”, Chimamanda Ngozi Adichie est une écrivaine nigériane qui vit aux Nigéria et aux Etats-Unis.

Ses romans les plus connus sont “L’hibiscus pourpre” (Purple Hibiscus, 2003), son premier roman, sélectionné pour l’Orange Prize et pour le Booker Prize.
“L’autre moitié du soleil” (Half of a Yellow Sun, 2006) a reçu l’Orange Prize. “Americanah”, paru en 2013, suit le parcours d’une jeune Nigériane partie étudier aux États-Unis et confrontée au racisme et à la discrimination.
Traduits dans plus de 25 langues, “L’Autre moitié du soleil” s’est vendu à 1 million d’exemplaires et “Americanah” à plus de 500 000 à travers le nombre. Des romans où les femmes ne sont pas réduites aux fonctions de mère, de muse ou de proie, mais sont “des incarnations puissantes, nombreuses, contrastées”.
A noter aussi que des extraits de son texte-manifeste, We should all be feminists (traduit “Nous sommes tous des féministes”), a été repris par la chanteuse Beyoncé pour son titre Flawless, en 2014, après une conférence TED, toujours disponible sur Youtube et visionnée près de six millions de fois.