La Coquille, de Moustafa Khalifé

Le récit biographique de Moustafa Khalifé, La Coquille, propose de mieux comprendre, en partie, les raisons qui ont poussé une grande partie du peuple syrien à se révolter, en 2011, contre le régime de Bachar Al-Assad, toujours en place.

Le résumé : Après six ans de séjour en France, où il a obtenu un diplôme d’études cinématographiques, le narrateur décide de rentrer au pays. Dès son arrivée à l’aéroport de Damas, il est arrêté par la police politique et conduit dans un bâtiment sinistre du centre-ville, appartenant aux Services de renseignements. Là, il est violemment frappé avant d’être accusé contre toute vraisemblance, lui, le chrétien grec-catholique, d’être membre du mouvement des Frères musulmans. Quelques jours plus tard, il se retrouve dans la gigantesque et terrible prison du désert, en compagnie de milliers de détenus. Commence alors son calvaire qui va durer treize ans…

Ce récit, qui se présente comme un journal, restitue sous une forme légèrement romancée les choses vues et entendues par Moustafa Khalifé durant son long enfermement dans les prisons syriennes. Les scènes se succèdent, d’autant plus insoutenables qu’elles sont décrites sobrement sans vaine rhétorique ni pathos. Elles donnent à voir, non seulement la barbarie des geôliers, mais aussi le processus de déshumanisation des détenus et, au-delà, de toute la société.

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Un conseil partagé par notre collègue Mohannad Alhalaki, interprète en arabe.

La Mer à l’envers, de Marie Darrieussecq

Rien ne destinait Rose, parisienne qui prépare son déménagement pour le Pays basque, à rencontrer Younès qui a fui le Niger pour tenter de gagner l’Angleterre. Tout part d’une croisière en Méditerranée.
Rose et ses deux enfants, Emma et Gabriel, profitent du voyage offert par sa mère. Une nuit, entre l’Italie et la Libye, le paquebot croise la route d’une embarcation de fortune qui appelle à l’aide. Une centaine de migrants qui manquent de se noyer et que le bateau de croisière recueille en attendant les garde-côtes italiens.
Poussée par la curiosité et l’émotion, Rose descend sur le pont inférieur où sont installés ces exilés. Un jeune homme retient son attention : Younès. Il lui réclame un téléphone et Rose lui donne celui de son fils Gabriel. Les garde-côtes italiens emmènent les migrants sur le continent. Gabriel, désespéré, cherche alors son téléphone partout, et verra en tentant de le géolocaliser qu’il s’éloigne du bateau. Younès l’a emporté avec lui, dans son périple au-delà des frontières. Rose et les enfants, eux, rentrent à Paris.
Ce n’est qu’une fois installée dans la ville de Clèves, au Pays basque, qu’elle aura le courage ou la folie d’aller chercher Younès, jusqu’à Calais où il l’attend, très affaibli. Toute la petite famille apprend alors à vivre avec lui. Younès finira-t-il par sortir du ventre de la baleine ?
Marie Darrieussecq, qui s’est rendue à Calais pour écrire ce roman, celui qui lui a donné “le plus de mal”, constatait, à l’été 2019 lors de la parution, que : “Tout le monde écrit sur les migrants parce que c’est le grand sujet contemporain” (à écouter ici).
Un conseil partagé par notre collègue Ahmed Galal, interprète en arabe.

L’Arche de Noé, de Khaled Al Khamissi

Ce roman choral retrace le destin de candidats égyptiens à l’exil, au-delà d’un pays menacé par le chaos et miné par la corruption. Paradoxalement, c’est quand ils sont loin des rives du Nil que les personnages expriment leur amour indéfectible pour une patrie qui reste profondément au cœur de leurs pensées. “Il n’y a pas d’espoir en Egypte”, “Que reste t-il aux jeunes ? La révolution ?”. Ce livre, paru en 2009, est rempli de phrases prémonitoires, un an et demi avant le mouvement révolutionnaire de 2011.

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Un conseil partagé par notre collègue Ahmed Galal, interprète en arabe.