partagées par notre collègue Saïd Nemsi, interprète en arabe

Pour Jean Ziegler, l’Europe a créé des camps de concentration en Grèce

L’écrivain, sociologue et homme politique suisse, Jean Ziegler, vient de publier Lesbos : la honte de l’Europe (Editions du Seuil), livre où il raconte et dénonce “ces camps de la honte”, après s’être rendu à Lesbos en mai dernier. “Alors que j’exerçais comme rapporteur spécial des Nations unies pour le droit à l’alimentation, j’ai parcouru la Rocinha, la plus grande favela de Rio de Janeiro, les slums des Smokey Mountains de Manille et les puantes shantytowns de Dacca, au Bangladesh. Mais jamais je n’ai été confronté à des habitations aussi sordides, à des familles aussi désespérées que dans les Oliveraies de Moria”, écrit ainsi Jean Zigler au sujet du camp de Moria sur l’île de Lesbos.

Il affirme également : “Ces camps de réfugiés qu’on appelle des «hot spots» sont de véritables camps de concentration“.

Y sont épinglés l’Union Européenne qui, selon lui, coordonne et ordonne les expulsions illégales d’exilés, les policiers de Frontex, l’utilisation massive de fonds financiers pour la surveillance des frontières, l’incompétence de Filippo Grandi, Haut-Commissaire des Nations unies pour les réfugiés ou encore les fonctionnaires de l’Union Européenne au service d’une “stratégie précise de la dissuasion et de la terreur”.

“Réfugié climatique” : une décision historique

Les magnifiques îles Kiribati, dans l’océan Pacifique, voient depuis plusieurs années l’eau monter peu à peu et recouvrir les terres. Au point qu’un homme originaire de cet Etat, Ioane Teitiota, avait dû émigrer et demander l’asile en Nouvelle-Zélande, ce qui lui avait été refusé. Ioane Teitiota arguait les difficultés à obtenir de l’eau potable et à vivre avec la crise climatique qui touchait son île.

L’affaire a été portée devant le Comité des droits de l’homme de l’ONU en février 2016. Ce dernier vient d’estimer, en janvier, que le dérèglement climatique représentait bien une grave menace pour le droit à la vie. Amenesty International a salué “une décision historique” et affirmé : “Cette décision établit un précédent mondial. Et les prochains recours pourraient donc aboutir s’il existe des éléments prouvant que les effets du dérèglement climatique dans les pays d’origine risquent d’exposer les personnes à des violations de leurs droits.” Si le statut de réfugié climatique n’existe pas dans la Convention de Genève, cette décision, qui n’est pas juridiquement contraignante, nourrit encore davantage la réflexion.

En Suisse, juges et experts alertent sur les transferts Dublin en Italie

Notre voisin la Suisse, au même titre que la France, applique les accords de Dublin, qui forcent un migrant à demander l’asile dans le premier pays européen par où il est arrivé.
Or le Tribunal administratif fédéral (TAF) de Suisse vient de reconnaître que les conditions n’étaient pas réunies pour que l’Italie prennent correctement en charge les demandeurs d’asile renvoyés de Suisse. Le tribunal demande ainsi au gouvernement suisse de cesser de renvoyer les familles et personnes gravement malades, en l’absence de garanties italiennes de soins et d’hébergement.
Cette décision fait écho au “Décret Salvini” de 2018 qui a “considérablement modifié le système d’accueil destiné aux requérants d’asile”, comme l’explique Jasmine Caye, ancienne présidente du Centre suisse pour la défense des droits des migrants (CSDM) sur son blog Le temps des réfugiés.