La quasi impossibilité d’examen des demandes d’asile

Avec l’épidémie de Covid-19, l’enregistrement et l’examen des demandes d’asile sont devenus quasi impossibles.
La première étape de la demande d’asile en Ile-de-France, la prise de rendez-vous par la plateforme téléphonique de l’OFII, est suspendue, d’autant que les Spada ne sont plus en mesure de délivrer des créneaux de rendez-vous.
Dans les autres régions, quelques guichets sont encore ouverts (la liste ici), mais la plupart ont fermé. “Entre l’indisponibilité des agents, ceux qui sont malades et les mises en retrait, la chaîne de l’asile s’est progressivement arrêtée”, retrace Didier Leschi, le directeur de l’OFII, dans cet article du Monde.
C’est tout la machine qui se grippe, relate cet article du Parisien, qui liste les annonces faites, vendredi, par l’Ofpra. Ce dernier a suspendu ses entretiens jusqu’à fin mars. Pour introduire une demande d’asile, il reste possible d’envoyer un dossier, mais uniquement par voie postale. “Sur le site, il n’y a pas de dossier Ofpra disponible en ligne”, remarque un travailleur social cité par Le Parisien.
Les audiences à la CNDA sont également suspendues jusqu’à, au moins, fin mars.
Une information partagée par notre collègue Charles-Guillaume Demaret, interprète en macédonien et en anglais.

Les centres de rétention se vident en partie ou totalité

Jour après jour depuis une semaine, des centres de rétention – certains, pas tous – se vident de leurs retenus. “Imaginez-vous être enfermé.e à l’intérieur d’un centre où il n’existe aucune “mesures barrière” ni rien pour se protéger, un lieu où les personnes continuent de manger ensemble au réfectoire et vivent dans la plus grande promiscuité, sans gants ni masques, s’indigne David Rohi de La Cimade dans cet article de Politis. Ça commence à être très compliqué pour ces personnes et c’est très angoissant.”
La Cimade avec d’autres associations demandent la remise en liberté de l’ensemble des retenus en CRA. Certains juges ont accédé à cette demande, remettant en liberté, selon les centres, une partie ou la totalité des retenus.

Les “confinés dans la rue”, oubliés des mesures de prévention

“Comment rester chez soi quand on n’a pas de maison”, s’interroge à Calais un homme venu d’Ethiopie, dans ce reportage de Reporterre. Pour les migrants et autres personnes à la rue, les mesures barrière et consignes de confinement sont inapplicables.
“Cela veut dire que les personnes sont confinées dans leurs tentes“, relate une responsable du Secours catholique dans le Nord. Pour d’autres, vivant dans des squats, “la question majeure, c’est celle de l’accès à l’aide alimentaire“, explique Médecins du Monde. La plupart des distributions de repas ont cessé et il est complexe de se procurer et de compléter l’attestation de sortie.
Si hier matin, à Paris, plus de 500 personnes qui vivaient dans les campements d’Aubervilliers ont été emmenées des gymnases, l’inquiétude demeure dans cette situation complexe et contradictoire.