Des articles partagés par notre collègue Saïd Nemsi, interprète en arabe.

Coronavirus et migrations

En Hongrie, le gouvernement hostile aux exilés, ferme encore un peu plus sa frontière, arguant limiter la diffusion du coronavirus (à lire dans Le Point).
Le journal La Croix analyse cette décision, en poitant que les migrants « sont à présent présentés comme un danger sanitaire ».
En Italie, les ONG de sauvetage en mer s’inquiètent de cet amalgame, alors que 276 personnes secourues de la noyage ont été placées en quarantaine en Sicile. « L’épidémie de Covid-19 ne doit pas entraîner un nouvel épisode d’anxiété injustifié auprès du public » ni de « prétexte pour empêcher l’Ocean Viking de reprendre sa mission », a estimé SOS Méditerranée.

En France, à Calais, les associations ont pointé l’impossibilité pour les migrants à la rue de respecter les mesures sanitaires préconisées : « L’État recommande de se laver les mains avant de manger et de les essuyer avec une serviette propre. Encore faut-il en avoir la possibilité », a dénoncé L’Auberge des migrants.

Grèce-Turquie : Les migrants, otages des manœuvres politiques d’Erdogan

A la frontière gréco-turque, des milliers de migrants syriens, afghans et irakiens sont bloqués. « Le président Erdogan leur a fait miroiter des frontières européennes grandes ouvertes, mais la Grèce a cadenassé la majeure partie de ses points d’entrée », peut-on lire dans Courrier International, citant différents journaux européens. “La Grèce est prise en étau entre la Turquie, qui utilise les réfugiés pour des raisons géopolitiques, et l’UE, qui n’envisage aucun autre scénario que de maintenir ses frontières extérieures fermées », analyse ainsi un spécialiste des politiques migratoires dans le journal italien La Stampa.

Un chauffeur de bus turc observe cette situation, cité dans un reportage d’Info Migrants : « la Turquie envoie les migrants la nuit, les Grecs les expulsent à l’aube ».
En France, le journal Le Monde fustige dans un éditorial ce « chantage aux migrants » et demande à l’Union européenne de faire preuve « à la fois de solidarité, de fermeté, de réalisme et d’humanité » et détaille point par point « Solidarité financière et politique avec la Grèce et la Bulgarie, pays situés en première ligne. Fermeté, à l’égard du chantage de la Turquie qui doit gérer les conséquences humaines de sa condamnable intervention militaire en Syrie et cesser son jeu ambigu entre OTAN et Russie. Réalisme : la géographie et l’histoire font de la Turquie un partenaire obligé de l’UE. Humanité enfin, car l’Union européenne ne mériterait plus son nom si elle ne prenait pas sa part dans l’accueil des réfugiés ».

Des îles grecques sous tension

Certains des ces hommes et femmes parviennent  néanmoins à passer la frontière entre la Turquie et à la Grèce et à arriver sur les îles grecques, notamment celle de Lesbos, où la situation humanitaire, sanitaire et sécuritaire s’aggrave de semaines en semaines.

Un premier cas de coronavirus a été détecté sur l’île, touchant une habitante grecque. Laissant planer un risque accru sur le camp de Moria, conçu pour moins de 3 000 personnels et qui accueille actuellement plus de 20 000 migrants.
Toujours sur les îles grecques, début mars, quelque 65 organisations humanitaires ont demandé la relocalisation urgente de 1 800 mineurs non accompagnés bloqués dans les campements. « Relocaliser 70 enfants par pays ce n’est pas trop demander pour venir en aide à la Grèce », commente Jasmine Caye, sur son blog Le temps des réfugiés.