À Montreuil, la maison de quartier Lounès Matoub fait régulièrement appel à nos collègues Ecrivains Publics-Interprètes. Ces derniers interviennent, dans le cadre de permanences d’accès au Droit et d’accompagnement pour diverses démarches administratives.
D’après le site web de la mairie de Montreuil, le nom de ce centre, ouvert en 2002, rend hommage à un chanteur kabyle engagé en faveur des droits de l’homme, assassiné en 1998 en Algérie, et ayant vécu quelque temps à Montreuil.

Militant de la cause berbère en Algérie et grande figure de la chanson kabyle, Lounès Matoub a joué un grand rôle dans la revendication et la popularisation de la culture amazigh, ainsi que dans le combat pour la démocratie et la laïcité en Algérie dans les années 1980-90.

Dès ses premières chansons, le talentueux musicien dénonce les abus de pouvoir des dirigeants, les injustices régnant dans son pays et les discriminations dont sont victimes ses frères berbères…

Bien que Lounès Matoub ait passé une partie de son temps en France, dès 1978, pour les besoins de sa carrière artistique, c’est parmi les siens et en puisant dans l’actualité socio-politique de son pays qu’il a composé son œuvre.
En 1980, il devient une des figures de proue du printemps kabyle, et ses chansons sont souvent censurées.

Ses prises de position fortes ont été menées sur deux fronts, contre la dictature au pouvoir et les terroristes islamistes, qu’il n’hésite pas à condamner dans ses chansons. En 1989, il est grièvement blessé par un gendarme en Algérie, alors qu’il menait une campagne de distribution de tracts politiques. En septembre 1994, il est enlevé par un groupe islamiste armé, puis libéré, suite à une mobilisation inédite de la population kabyle qui a fait plier les groupes armés.

Le 25 juin 1998, il est assassiné dans la région de Tizi-Ouzou dans des circonstances encore aujourd’hui non élucidées. Les funérailles du chantre de la cause amazigh rassemblèrent des milliers de personnes, et la Kabylie vécut plusieurs semaines d’émeutes et de deuil. Quelques semaines après sa mort, son dernier album “Lettre ouverte aux…” sortit, contenant une parodie de l’hymne national algérien et critiquant la gouvernance du pays.

La chanson Kenza, parue en 1994.
Hommage à Tahar Djaout, écrivain-journaliste, assassiné en 1993, durant la décennie noire. « Kenza » est le prénom de la fille de cet intellectuel.

Monsieur le Président, 1998. Hommage aux prisonniers politiques.

Lettre ouverte, 1998. Parodie de l’hymne national algérien qui se moque du pouvoir en place et de ses manipulations nationalistes.

Avec la collaboration de notre collègue Samia Ait-Amer, Assistante Opérationnelle au Service Déplacement.