Notre collègue Samantha Dallman, du pôle Formation, Études & Qualité, nous partage ce matin un article sur l’argot, ses histoires et définitions au fil du temps.
Langue orale typiquement populaire, l’argot a suscité dès le XIXe siècle la curiosité des journaux, qui se sont plu à en reproduire les meilleures expressions et à en décortiquer les mécanismes.
L’article présente l’histoire de ces décorticages, ainsi que plusieurs débats existe-t-il un seul argot ? Comment le définir ? A-t-il sa place dans le dictionnaire et dans la littérature, ces temples de la culture française ? Comment était l’argot des tranchées pendant la Grande Guerre ?, etc.
Ainsi, on découvre par exemple l’« excursion dans l’argot » du dramaturge Albert Monnier, qui publiera en 1856 dans le Figaro ses trouvailles, parmi lesquelles nous pouvons lire :
« La tête, c’est
  • la sorbonne s’il s’agit de penser
  • la tronche s’il est question de la risquer
  • la coloquinte pour désigner une mauvaise tête
  • la boule pour indiquer un homme qui la perd
  • le melon s’il s’agit du chef dun imbécile
  • la trombine s’il faut peindre une trompeuse binette. »
Ou encore, le « dictionnaire de la langue verte » publié en 1848, avec des expressions comme :
  • Casser une croûte, manger légèrement en attendant un repas plus substantiel, argot des bourgeois.
  • Clarinette de cinq pieds, fusil, dans l’argot des soldats
  • Compter ses chemises, vomir en mer, argot des marins et du peuple
Et aussi, on fait connaissance dun argot des tranchées de la Grande Guerre, où
  • le pantalon est un falzar, un grimpant, un culbutant, un froc, un fendard,
  • l’alcool s’appelle tour à tour cric, casse-pattes, schnaps, schnick, niaule, eau pour les yeux, roule-par-terre.
Créé à l’origine pour n’être pas compris des non-initiés, l’argot ancien va toutefois perdre sa raison d‘être à mesure qu’il va se diluer dans le français usuel. Avec le temps, nombre de ses expressions vont en effet passer dans la langue courante.