Notre collègue Ahmed Galal, interprète en arabe, est l’auteur de “Écrire dans l’Égypte en révolution (2011-2013)” qui vient de paraître aux éditions Saint-Honoré. Il nous en partage ce matin quelques mots :

Cet essai est le fruit d’une rectification et d’une mise à jour de ma thèse de doctorat Écrire la révolution égyptienne de 2011 : entre témoignage et fiction, soutenue à l’Institut national des langues et civilisations orientales (Inalco) en 2017.

J’ai essayé, en rédigeant cette thèse mais aussi ce livre, de rendre mes recherches universitaires accessibles et agréables à lire pour un public non-familier avec le sujet. Une simplification du cadre théorique s’est imposée ainsi qu’une explication des notions et/ou des réalités extra-littéraires dans les notes de bas de page.

« Révolution des mots », « révolution par des mots » ou « les pouvoirs des mots contre les mots du pouvoir » : les analystes restent partagés quant à la définition du soulèvement égyptien contemporain. Entre 2011 et 2013, une abondante production, littéraire et non-littéraire, raconte l’événement révolutionnaire. Elle va du récit autobiographique à l’autobiographie fictionnalisée, en passant par les romans réalistes et prémonitoires, le journal intime et les œuvres hybrides qui échapperaient à toute tentative de généricité littéraire. Ajoutons à cela de nombreux textes poétiques qui ont joui d’une large diffusion par la presse, d’éditions improvisées ou sur les réseaux sociaux.

C’est ce vaste corpus que le présent ouvrage interroge. Il propose de dresser un bilan de cette production naissante. Dans quelle mesure la lecture de ces textes, entre témoignage et fiction, peut-elle aider à comprendre la manière dont l’événement s’est produit ? La mise en intrigue de la révolution conduit-elle à des évolutions significatives des genres d’écriture ? Il s’agit en outre de voir comment les pratiques littéraires témoignent des manières d’être soi en période de crise.

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