Demain, samedi, la Chine fêtera son Nouvel an lunaire ou Nouvel an chinois, traditionnellement appelé « Fête du printemps » (春节 / Chūn Jié), qui indique le début de l’entrée du pays dans le printemps.
D’après le calendrier luni-solaire chinois, la fête du printemps marque le passage de l’an 4718 à l’an 4719. Cette nouvelle année est associée au rat et au métal, éléments du zodiaque chinois. Elle succèdera à la phase du cochon de terre.
Le Nouvel an chinois est la fête la plus importante de l’année pour les habitants de l’Empire du Milieu. Les festivités s’étendent sur quinze jours, du premier jour au quinzième jour de l’an, jour du Festival des Lanternes (春节 / Yuánxiāo Jié), appelé « petit nouvel an ». La plupart des Chinois qui travaillent ont une semaine de vacances obligatoires pendant la première semaine du réveillon.
Les gens reviennent tous chez eux pour fêter ce moment en famille et la Chine connaît alors un grand déplacement de population à travers tout le pays (ce qui devrait être complexe ces prochains jours avec le coronavirus). La moitié de la population se déplace, les trains sont bondés et il est très difficile d’obtenir des tickets de transports.
Ce moment de l’année est un temps de retrouvailles familiales. On se réunit avec la famille proche et on rend des visites à la famille plus élargie. A chaque fois qu’on rend visite à une personne de la famille, on lui apporte un cadeau.
Les Chinois vivent dans une société de traditions et accordent beaucoup d’importance à la famille et à l’entourage. Lorsque des jeunes offrent des cadeaux à des personnes plus âgées, ces dernières leur offrent en retour des enveloppes rouges contenant un peu d’argent.
Les traditions chinoises sont intimement liées à des croyances. La couleur dominante du Nouvel an chinois est le rouge, considérée comme un porte-bonheur. Le poisson revient aussi beaucoup en décoration, traditionnellement associé à l’abondance, car le mot poisson, en chinois, est l’homonyme de « surplus ».
On accole aussi aux portes deux divinités, qui gardent les portes et qui empêchent les mauvais esprits d’entrer. On accroche aussi à l’extérieur du foyer, une calligraphie qui signifie bonheur, et que l’on renverse, formant alors l’expression « le bonheur renversé », et qui montre que le bonheur arrive.
Lors du dîner du Nouvel an, des raviolis, du poisson sont préparés ainsi que la « nianka », une sorte de pâte. Là aussi, il y a un jeu de mot : « nian » signifie année, « ka » signifie « plus haut », renvoyant au fait que l’on monte toujours plus haut chaque année. On offre aussi beaucoup d’oranges, car l’homonyme d’orange est « chance ».
Pendant cette même soirée, les Chinois regardent une émission de variété, quasiment institutionnalisée, avec des numéros de cirque et d’autres animations. Elle est diffusée sur une chaîne étatique, la CCTV, tenue par l’État.

Puis, dans les villages et les villes, des danses se font dans les rues, celles du lion ou du dragon, dans lesquelles on lance des pétards. Beaucoup de pétards et de feux d’artifices sont allumés, afin de chasser les mauvais esprits.
Le Nouvel an lunaire n’est pas une tradition proprement chinoise et est fêté dans d’autres pays d’Asie, tels que la Corée du Nord et du Sud, le Japon, le Vietnam, la Thaïlande, Singapour, l’Indonésie, la Malaisie
A Paris, chaque année, la diaspora chinoise organise un défilé dans la capitale, qui connaît un très grand succès. Cette année, il se tiendra dimanche 2 février, dans le XIIIe arrondissement, à partir de 13h. La parade exécutera un parcours autour de l’avenue d’Ivry, lieu de départ et d’arrivée de l’événement.

D’autres défilés sont également organisés à la Tour Eiffel, ce samedi à 11h ; rue du Faubourg Saint-Honoré ce samedi à 14h30 ; place de la République ce dimanche à partir de 14h et à l’hippodrome de Vincennes, dimanche 9 février, dans l’après-midi.
Un témoignage recueilli auprès de notre collègue, Xuyang Chu, interprète en whenzou et en mandarin
Bonne année ! / 春节快乐 (Chūn Jié kuài lè)