Le Noël orthodoxe en Serbie ne se fête pas le 25 décembre mais le 7 janvier, car les rites orthodoxes suivent l’ancien calendrier julien (avec treize jours de décalage par rapport à notre calendrier grégorien en France). En fait, le Noël orthodoxe dure trois jours et commence la veille le 6 janvier qu’on appelle le jour du Badnji Dan.
Le 6 janvier, au matin ou au coucher du soleil, on brûle une branche de chêne : le Badnjak (prononcer Badniak). Cette tradition a des origines païennes où le Badnjak représente un personnage de Noël, esprit de la bûche ou de la branche. Traditionnellement, l’homme de la famille va couper dans la forêt une branche de chêne garnie de quelques feuilles séchées. Il rapporte cette branche à la maison et la dispose au sol de la salle à manger. Ce jour-là est un jour maigre sans viande ni produits laitiers. Cette journée du 6 janvier s’appelle le Badnji dan et le soir avec la veillée le Badnje Vece.
Ces branches que l’on brûle symbolisent les malheurs, les mauvaises pensées, les souhaits non exaucés, les maladies, c’est tout ça que l’on brûle. “Le meilleur est à venir”, c’est le message du Badnjiak que les anciens slaves imaginaient comme un vieillard barbu, faisant un clin d’œil depuis le feu !
Le lendemain, le 7 janvier, suivant les régions, on confectionne un pain spécial de maïs le “cesnica” (que l’on ne coupe pas au couteau, mais que l’on rompt avec les mains) où l’on cache une fève. Bien sûr, celui qui la trouve aura de la chance toute l’année suivant la tradition. Puis chaque personne va dire selon l’usage : “Hristos se rodi” (le Christ est né), ce à quoi l’autre répond : “Vaistinu se rodi” (En vérité il est né).
христос се поди
воистину се роди
Le Christ est né
En vérité il est né
La coutume dit que le premier jour on reste en famille, le deuxième on va dans la famille proche et le troisième, on ne sait pas, les gens vous invitent !
En principe, les chrétiens orthodoxes commencent leurs préparatifs de Noël six semaines avant la fête, en entrant dans un jeûne de 40 jours (sans viande, œufs ni produits laitiers). La fin du carême est la célébration de Noël le 7 janvier, cependant contrairement à la France, ce n’est pas l’euphorie des cadeaux ou des plats coûteux. C’est plutôt une fête familiale avec des repas traditionnels ancestraux.
bozicna trpeza mondo 24 nikola 300x202 - Comment fête-t-on Noël... en Serbie ?

Table serbe avec le “cesnica”, pain spécial de Noël, au centre.

Le jour de Noël, le 7 janvier, est marqué par un repas festif avec la famille et des invités qui sont des amis proches et à chaque fois qu’un nouvel invité arrive, le maître de maison, sa femme ou un des enfants l’accueille avec un plat à base de blé, mélangé à du sucre, des amandes ou bien de la crème fraîche et l’invité arrivant en prend une cuillère qu’il mange en guise de chance pour l’année !
A table, on sert diverses salades (style salade russe), de la salade de choux, des feuilletés au fromage, à la viande, la proja (entrée à base de maïs et de fromage), des sarma (du chou farci à base de viande hachée et de riz format nems), de la viande de porc rôti, des volailles… et surtout on boit de la Rakia, une eau-de-vie très forte, style vodka, de prune, de poire, d’abricot… et sur la table il y a le pain de Noël et une bougie orthodoxe de cire jaune.
Un texte écrit par notre collègue Jacqueline Busseron, interprète en serbe.