Au Mali, le 31 décembre est une fête emblématique, célébrée avec beaucoup de faste, en particulier par la jeunesse : les jeunes garçons et filles se retrouvent en groupe pour aller en soirée chez leurs amis ou en boîte de nuit. Si ce jour est plébiscité par la jeunesse, il est aussi fêté par les personnes plus âgées, qui peuvent se réunir avec leurs proches.
La Saint-Sylvestre est ainsi une grande fête commerciale centrée sur les jeunes. Ces derniers dépensent beaucoup d’argent pour s’habiller et sortir, ayant un impact très positif sur le chiffre d’affaires des commerçants. Perçue comme une fête occidentale, cette soirée exalte la modernité : chacun tend à être aussi moderne que possible et achète des plats, des boissons et des sucreries européens. Certains Maliens, peu majoritaires, commenceraient aussi à fêter Noël de la même façon que le 31 décembre, sans lui porter une signification religieuse.
Auprès de la minorité chrétienne (5% de la population malienne), les 24 et 31 décembre gardent tout de même leur caractère spirituel. Des prières sont faites dans toutes les églises du pays.
Pour la majorité des Maliens, ce Nouvel an n’a aucune connotation spirituelle, excepté pour les fondamentalistes musulmans qui le dénoncent comme une fête chrétienne. Sans doute hérité de la colonisation française, ce jour est devenu une tradition à part entière au Mali.
La fête la plus traditionnelle et la plus populaire du Mali reste cependant le Nouvel an musulman, jour férié dans le pays, dont la date est fixée d’après le calendrier lunaire. A l’occasion de cet événement annuel majeur, de nombreuses réjouissances sont organisées, auxquelles participent même les minorités des autres religions.
Un témoignage recueilli auprès de notre collègue, Mamadou Ba, interprète en bambara, dioula, diaranké, malinké, peulh et soninké.